Entre les massifs provençaux à pied et à vélo.

Après la Camargue en 2021…
… l’Ardèche en 2022…
… l’Hérault en 2023…
… voilà la Provence cette année.

Effectivement cela commence à devenir une habitude de partir en bikepacking sur les chemins du sud au debut du Printemps. C’est pas trop mal pour démarrer la belle saison et tester le matériel pour les trips de l’année, et pour l’occasion il y avait un petit nouveau à tester, le Grade9 Titane. Cela fait quelques années que je n’ai plus de VTT et encore moins un semi-suspendu, comment va se passer ce retour aux sources ?

Ce week-end de Pâques était bloqué depuis un moment dans le calendrier, car c’était le week-end du CFC, pour les non-orienteurs, le CFC et la compétition la plus attendue de l’année en Course d’Orientation. C’est le Championnat de France des Clubs, une compétition en relais sur 6 divisions avec entre 3 et 8 coureurs par équipe. Il est accompagné du Championnat de France de Moyenne Distance le samedi et du Championnat de France de Relais Sprint le lundi, un autre relais mais en ville et plus rapide. J’allais donc profiter de ce déplacement dans le sud pour emmener le vélo et faire une petite traversée de la Provence au retour.

Me voilà donc dans le train pour Toulon en ce vendredi veille de week-end de Pâques. Je devais remonter vers l’aréna des courses du week-end en fin d’après-midi, mais avec les retards de train sans chasuble ni bonne lampe arrière, j’ai préfèré faire les 2h de départementale roulante le matin suivant.

Première partie – Les CFC

Le samedi matin les 2h de montée sont vite avalées sous un ciel orange avec un vent favorable, j’arrive sur l’arena et la zone d’entraînement où je retrouve déjà les copains du club. Je vais faire un petit tour en forêt et mes appréhensions se confirment, le terrain est difficile, très détaillé, la course est lente, il y a de nombreuses crevasses et les dalles rocheuses sont ultra glissantes avec la pluie qui va nous accompagner pendant deux jours.

Je n’ai pas le temps de trop réfléchir, je mange un morceau et je commence déjà à m’échauffer pour les CFMD. La course est comme prévue, difficile. Il vaut mieux privilégier la lecture et l’orientation précise à la vitesse sinon c’est le risque de perdre de bonnes minutes. Je ne suis pas très bien classé au final avec deux grosses erreurs, mais ce n’était pas mon objectif, le plus important, c’est le CFC et l’équipe.

Je profite du reste de l’après-midi avec les jeunes dans la piscine du camping, enfin plutôt dans le jacuzzi, la piscine était à 10° et la température extérieure pas beaucoup plus élevée.

Durant la nuit avant les CFC, des trombes d’eau se sont déversées toute la nuit. Au petit matin, les premiers arrivés sur l’aréna nous informent que la zone est détrempée et le cours d’eau à sec la veille pour accéder à la zone gonfle d’heure en heure. Nous ferons avec.

Je suis 7e et avant dernier relayeur de mon équipe, les premiers relayeurs se défendent bien, nous sommes aux avant-postes de cette N2, la pression monte et Lylouane me donne le relais en tête avec la deuxième équipe 30 sec derrière. Louis m’avait prévenu avant de partir de bétonner la 1 et la 2, je pars stressé mais confiant.

Je sors vite de l’aréna et je regarde la carte, la 1 n’est pas très loin mais bien sûr j’ai le poste dans le vert, je vois passer le relayeur qui était derrière moi. La 2 est assez loin avec peu d’éléments remarquables, j’avance de couloirs en couloirs et au moment de l’attaquer, elle est pas là, je tourne un peu, je panique, pas moyen de me recaler rapidement, je lâcherais quelques minutes. Difficile de me reconcentrer après cela, je perdrai 7 min sur la course. Je rentre déçu de moi et désolé pour l’équipe. Sandrine qui terminait le relais assure en forêt et rentre en gardant cette deuxième place. Je suis content mais avec un goût amer dans la bouche, comme quoi, j’ai beau faire ma pire course de l’année, nous finissons quand même sur le podium des CFC, c’est ça la magie du CFC, la magie du TAD.

Le deuxième coup dur du week-end viendra avec le podium de la D3, le règlement de compétitions stipule que pour les clubs étant déjà titrés ou médaillés, les divisions inférieures ne seront pas récompensées, la D3 fini deuxième également mais avec notre place nous leur enlevons leur podium, c’est triste pour eux, pour nous, pour le club. Cette règle est absurde et pénalise les clubs présents dans plusieurs divisions, mais pour quelles raisons ?

Nous fêterons tout de même cette journée avant la dernière course du week-end. Le lendemain matin sera un peu embrumé mais après quelques kilomètres à vélo, cela allait déjà mieux. Après avoir encouragé les copaines sur le CFRS, je me lance sur le Sprint Open et les jambes sont bien là au final, je termine 7e avec une petite erreur à la 14.

Le temps de dire au revoir au TAD et je me mets en route vers la suite des vacances.

Deuxième partie – Mazaugues – Avignon

Le week-end ayant été bien chargé quand même avec des courses courtes et intenses, j’avais prévu de faire 250 km de VTT sur deux jours et demi. Il y avait pas mal de chemins dans les massifs du sud-ouest de la Provence entre la Sainte-Baume, le Garlaban, la Sainte-Victoire et le Lubéron. Je ne connaissais que ce dernier, pour le reste ça allait être de la découverte.

Saint-Maximim – Hostellerie de la Sainte-Baume

Je me lançais dans l’après-midi de ce lundi de Pâques assez tranquillement. J’avais prévu une trentaine de km vers le Massif de la Sainte-Baume. Il faisait beau mais avec une bonne humidité dans l’air avec les orages du week-end. Je n’étais pas trop chaud pour bivouaquer, surtout que j’allais sur le plateau à 700 m d’altitude. J’aviserai sur place.

J’ai bien senti les 10 km de la montée des Glacières qui me permis d’accéder au plateau. Quelques chemins plus-tard j’arrivais au chemin qui montait à la grotte Sainte-Marie-Madeleine, je ne connaissais pas cette grotte perchée à 1000 m d’altitude haut-lieu de la chrétienté où aurait vécu Marie-Madeleine. L’ascension se mérite et le lieu est impressionnant.

Le temps de redescendre à toute vitesse en VTT et de me rendre compte que je dois revoir l’attachement du chargement, j’arrive à l’hostellerie de la Sainte-Baume. L’établissement est tenu par des frères dominicains qui accueillent les pèlerins, je récupère une chambre en demi-pension à un prix dérisoire.

Avant le repas, je tombe sur Théo Fleurent qui était aussi au CFC et qui continue son week-end à vélo également mais vers les calanques. Nous sommes placés pour le repas dans un groupe varié avec les pèlerins. Les barrières générationnelles, cultuels et culturelles sont abattues et les discussions vont bon train en partageant le sang du Christ.

Je passerai une bonne soirée et une excellente nuit…

La Sainte-Beaume – Le Garlaban

Le matin je devais remonter sous le Pic de Bertagne avant de redescendre vers Aubagne par les single puis les pistes, le vélo passe bien, même en étant chargé, les franchissements sont bons, les marches vites avalées, un pur plaisir.

En remontant au dessus d’Aubagne les noms me parlent, le Garlaban bien sûr, mais aussi les Bellons, la tête Ronde, le Taoumé… Je percute rapidement que je suis sur les traces de Marcel Pagnol et sur le théâtre de la Gloire de mon père et du Château de ma mère. C’est un désert magnifique avec une vue sur Marseille qui s’élargit eu fur et à mesure de l’ascension vers le Garlaban. Je pousse beaucoup mais cela ne me dérange guère, une fois de plus cela fait partie du jeu en singlespeed et je n’y fais plus attention, je ne suis pas pressé, ce sont les vacances.

Je redescendrais ensuite comme sur un tapis vers le Nord non sans chercher des yeux les Bartavelles… Après un deuxième petit massif où j’y laisserai un bidon neuf et plein, j’arriverais vers le Massif de la Sainte-Victoire, l’après-midi était trop avancé pour que je me lance sur ce gros morceau, je m’arrêterai au Rousset pour la nuit. Faute de mieux, pas de camping dans le secteur, pas encore assez chaud pour le bivouac, je ne trouverais qu’un hôtel miteux sans intérêt pour la nuit, on ne peut pas tirer un bon numéro à chaque fois.

La Sainte-Victoire et le Lubéron

Dernière grosse journée sur cette traversée, j’attaquerais d’emblée par la Sainte-Victoire, jumelle de la Sainte-Baume avec sa crête massive aux drapages fin exposés au sud. Je suis monté ensuite par les carrières de la Sainte-Victoire et ses vallons torturés jonchés de barrages d’époques variables. Le site est magnifique et mérite vraiment le détour.

J’avancerais ensuite jusqu’en vallée de Durance avec le thermomètre qui commençait à bien monter. La Durance était chargée et elle a part endroit repris ses aises. Les pistes qui la suivent étaient bien plaisantes. Pas trop de vent, un faux-plat descendant, le vélo qui passent bien malgré les galets dans les chemins, j’aurais aimé l’avoir en Islande celui-là.

Petite pause à Lauris pour faire le plein pour la nuit puis j’attaque le Luberon qui se profile déjà depuis un moment.

Il fait chaud dans les vallons abrités et la pente ne fait qu’augmenter, il me faudra 1h30 pour passer les 10 km de montée. Vers la moitié j’ai dû rassurer un randonneur d’une soixantaine d’années, il ne supporte pas de me voir pousser le vélo et me dit que ce n’est pas normal, il surveille tout mon paquetage pensant que j’allais mettre deux jours pour atteindre le haut du massif. Il était bien sympathique au demeurant.

Une fois sur le haut et sans avoir peiné dans les dernières rampes à 20% dans les cailloux, j’atteins la forêt des cèdres, c’est magnifique et l’ombre est agréable. J’y étais déjà passé avec la Grande Draille mais je n’avais pas fait attention à la beauté de cette forêt aux accents nord-africains.

Une fois sur le haut ça déroule… J’arrive dans un refuge dans lequel je pensais rester pour la nuit. Le Bastidon est bien aménagé, un peu humide et frais mais il y a du bois et une cheminée pour réchauffer l’ensemble. Mais je me rends compte que j’ai perdu mon deuxième bidon durant la montée, il va falloir que je règle cela, cela peut devenir vite problématique. Il ne me reste que du jus de fruit, il n’y a pas d’eau sur le plateau, il va falloir redescendre au risque de ne pas pouvoir me faire à manger ne le soir, ni café le matin, c’est con, la soirée était bien partie.

Mon nouvel objectif était Cavaillon avec 10 km de pistes en lacets qui m’attendaient, quelques moutons et une température estivale qui grimpe à chaque virage.

Le gros du voyage s’arrêtera au camping de Cavaillon, entre la LGV et l’autoroute, c’est moins sexy mais le sommeil ne s’est pas trop fait attendre.

Un bon début de saison

Les traversées printanières dans le sud sont toujours l’occasion pour moi de redécouvrir les plaisir du vélo après un hiver parfois maussade, comme cette année, mais surtout chargé en travail. Tout s’est absolument bien passé, je ressens pas mal de fatigue après ces dernières semaines particulièrement chargée et ce week-end qui l’était autant en effort qu’en émotion.

Au niveau matériel, ce vélo est fabuleux, mon dernier VTT avec fourche-suspendue était un 26 pouces en alu, là passer à un titane en 29 semi-suspendu avec une géométrie moderne, c’est autre chose, il a du rendement, passe partout et il est très confortable et agréable, cela promet des bons moments de vélo et de bikepacking à venir. Il me reste quelques détails de chargement et ce problème de bidons fugueurs à régler et je serais prêt pour cette nouvelle saison avec comme objectif le Jura, les Dolomites, peut-être l’Espagne et les Ardennes, et certainement du long entre les Alpes et les Pyrénées. J’aurais bien aimé remettre le Rohloff aussi, pas que cela ce soit mal passé en single, mais j’ai envie de réessayer un petit coup, cela m’arrive régulièrement avant de retourner en single… Avant cela, il me reste encore des projets à finir, un peu de repos et je pourrais profiter au mieux de ces moments de vélo.

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