Du Finistère au Morbihan – Récit de la troisième journée sur la Gravel Tro Breizh

249 km, 18h47, 2622 m.

Levé à 5h, la préparation matinale était devenue un rituel. Je démarre avant Clément et Alain, il y a le Menez Hom à grimper avant le petit-déjeuner, mais ça je ne le savais pas encore. Les premières heures sont toujours calmes et assez floues, on fait monter la température sur un corps qui portent déjà le poids de la fatigue. Je me rapproche de la côte et je sais que la trace part ensuite attaquer le Menez Hom par « la montée la plus longue de Bretagne » d’après le briefing. Je m’arrête avant d’attaquer pour manger la dernière part de gâteau breton. Clément me rejoint, nous nous préparons psychologiquement même nous n’avons pas à faire à un col alpin.

La montée passe facilement, nous atteignons vite la brume qui nous suivra jusqu’en haut. Le tracé emprunte un chemin qui n’existe pas ou plus, nous passons dans une propriété privée, peu importe tant qu’on avance. Finalement le sommet arrive rapidement, nous faisons le selfie qui valide notre passage et ne nous attardons pas, il fait frais, humide et le point de vue ne dépasse pas les 20 mètres.

La descente se fait via un chemin technique dans la caillasse, c’est rigolo. Arrivée à Plomidiern, une boulangerie et un café se présentent à moi, enfin le petit-déjeuner !! Clément a un coup de forme, il part devant sur un bon rythme, j’ai du mal à croire que je vais le revoir…

Le reste de la matinée va s’enchaîner avec quelques singletrack sympa dans l’arrière-pays. La trace se rapprochait ensuite de la côte, le prochain CP est au phare d’Eckmuhl à Penmarch, il y a environ 40 km mais le vent est favorable et constant, c’est roulant, ça va être sympa. Je retrouve Clément en route, nous enroulons ensemble avec le phare et le repas du midi comme objectif, on envoie pas mal sur des petites routes, une traversée de chemin-mare, il y a de plus en plus de sable mais nous avançons toujours à bon rythme. Les distances s’étirent et malgré le rythme, le phare tarde à venir, nous poussons sur les pédales, encore, et on se rapproche des dunes, le chemin débouche sur une section de traces sableuses qui vont continuer de nous prendre des forces sur 5 km…. Le paysage de bout du monde est le premier de la sorte que nous voyons, il a un petit air de la Pointe de Dungeness mais avec du sable à la place des galets. Il y a un contest de surf, c’est animé et touristique, on va bien trouver de quoi manger par ici, mais le phare ne se fait toujours pas voir… Un kebab nous tend les bras, mais ce qu’on veut c’est le CP avant tout… Nous débouchons, enfin, sur Penmarch, selfie au phare d’Eckmuhl, je sens que le vent nous a joué un tour. En l’ayant dans le dos, j’ai l’impression de m’être mis en sur-régime, je verrais l’après-midi.

Phil qui s’occupe du CP nous loupe à peu de chose, il se pose avec nous au resto face au phare et nous conte sa passion de la Bretagne en van et à vélo et du pâté Hénaff. Alain nous rejoins peu après. C’est un moment sympa de partage ou nous buvons ses paroles en dévorant un burger. En reprenant les vélos, il nous a mis une boite de pâté chacun comme ravito, merci !

Rassasié, nous attaquons l’après-midi tranquillement, c’est roulant, la trace oscille entre l’arrière-pays et la côte, mais la forme n’est plus là, je pense que je vais payer le coup de boost du matin. Le paysage change un peu et le Morbihan se laisse approcher. Mais le littoral est touristique et certaines routes sont très chargées, cela change de nos 2 jours sans vraiment être confronté au trafic.

En passant le pont avant Bénodet, je sens un coup de fatigue, je rattrape Clément qui est dans le même cas que moi. Nous nous posons dans l’herbe au bord d’un rond-point le temps de reprendre un peu de force. Le trafic est toujours dense, nous voyons passer Alain qui était reparti un peu plus tard de la pause du midi. Nous repartons, les villes balnéaires et les abers s’enchaînent. A partir de Concarneau, la trace s’oriente vers l’arrière-pays, nous le retrouverons que lors du prochain CP au phare de Doëlan. Nous retrouvons Alain et continuons la route avec lui.

Vers 21h la faim nous tiraillent et nous nous laisserions bien tenter par une pizza, la côte n’est plus loin, et le CP avec, mais une pizzeria nous tend les bras, nickel. Je rentre, en me voyant, le patron me dit directement qu’il ne sert plus, ok, il va falloir parlementer, pas de problème à emporter, ok, et en terrasse. En fait il ne veut pas que nous mangions à l’intérieur, cela aurait plus simple de le dire directement ! Finalement il sera plus sympa que prévu et de toute manière nous voulions une pizza.

En étudiant la trace, il commençait à faire noir mais nous étions qu’à quelques kilomètres du CP, et il y a une portion de forêt après. Bon, plusieurs choix, soit nous dormons au CP mais tôt, ce qui implique qu’il reste deux petites journées avant la fin, soit nous passons la forêt de nuit et nous dormons dans la ville d’après, avec une grosse journée pour finir. Nous sommes d’accord sur le fait que ce soit mieux de passer la forêt le soir plutôt que le matin au réveil car dans tous les cas ce sera de nuit ! Croisons juste les doigts pour que ce ne soit pas trop technique.

Le CP validé en vitesse nous partons vers la forêt de Carnoët, il y avait une montée régulière de 10 km jusqu’au milieu de la forêt puis une descente vers la côte d’une dizaine de km. En avançant prudemment, pour ne pas faire d’erreur liée à la fatigue je sentais que mes deux compères étaient de moins en moins à l’aise sur les chemins. Habitué et affectionnant les courses de nuit, je pris les devants prudemment. En nous concentrant sur le pilotage, la portion fut finalement bien passée malgré une petite chute de ma part sur un passage d’arbre, et nous fûmes rapidement en direction de la côte. Luc nous appris après l’arrivée que cette forêt était peut-être la plus belle que nous avions traversé sur la GTB mais malheureusement nous n’en vîmes pas grand chose !

La redescente sur Guidel fut sans encombre et quelques minutes après nous posions nos bivy derrière l’école de voile.

Je m’endormi vers 00h30 en ne savant pas si il était possible de finir sur une journée, mais cette idée me plaisait bien…

https://www.strava.com/activities/1558891811

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