Mieux vaut tard que jamais… Récit de ma première French Divide – Partie 1 – La découverte…

2017 a été une année charnière dans ma pratique sportive avec le découverte des épreuves de bikepacking. Je suivais depuis quelques années la Transcontinental Race, la Great Divide, ainsi que la première French Divide en 2016. Ayant rencontré Samuel, le grand organisateur de la Divide, peu de temps après, l’idée a mûri peu à peu dans mon esprit de me lancer sur ce genre d’épreuve. C’est en février 2017 que je me suis inscrit sur la FD. A partir de là, il me restait 7 mois pour préparer le vélo, mettre à jour le matériel et l’entrainement. N’étant pas habitué à ce genre d’épreuve, mais plus à des formats courts sur une journée maximum, je ne savais pas vraiment comment me préparer, j’y suis aller petit à petit en tâtonnant et en augmentant progressivement les distances jusque 3 semaines avant la Divide. Voilà le récit jour par jour, sans trop aller dans les détails, de mon expérience sur cette FD 2017. Je reviendrais plus tard sur le vélo, le matériel et l’organisation des journées.

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L’heure du départ arriva assez rapidement et je me retrouvais presque malgré moi sur cette ligne de départ avec d’autres riders rencontrés la veille avec ce même sentiment de passavoiràquellesaucenousallionsêtremangés !

Jour 1 : 234 km – 1612 m – Bray-Dunes – Le Quesnoy 

https://www.strava.com/activities/1118863397

(Les distances enregistrées sont fausses du fait d’un problème de GPS sur toute la Divide , problème qui n’était jamais apparu avant et n’est pas réapparu après).

Cette première journée de Divide fut particulière sur plusieurs points. Déjà c’était ma première journée sur une épreuve de ce genre, j’étais dans ma région et je connaissais les 350 premiers km et je ne savais pas vraiment comment gérer. Niveau gestion j’ai appris la première règle de gestion entre 6h24 et 8h24 ce samedi 5 aout (et encore plus aujourd’hui avec d’autres expériences) c’est qu’il y en a toujours qui partent vite, trop vite et il ne faut pas se laisser entrainer. Rouler à son rythme et la clef du bon déroulement d’une épreuve d’ultra et ceux qui se la collent comme pour un 80 bornes ne sont pas forcément ceux qui arriveront dans les premiers ou pas forcément ceux qui arriveront tout court.

Donc après ce départ trop rapide à travers la Flandre belge et française, les Monts des Flandres, j’étais en bonne position mais totalement rincé à la pause du midi. Je me suis donc laissé entrainer dans une pause trop longue au chaud pour me retrouver en queue de peloton lors de la reprise. J’ai géré l’après-midi au mieux pour avancer à travers la partie Est du Nord et ses secteurs pavés en avançant avec d’autres dividers vers l’Avesnois.

Comme dans toute « première journée » d’une nouvelle expérience, celle-ci est passée vite et la gestion s’est plus faite en allant qu’autre chose. Vers 19h, je me retrouvais en groupe aux abords du Quesnoy où je choisis de passer cette première nuit. C’est certainement le côté rassurant du groupe, d’une nuit en camping, d’un repas chaud qui m’a poussé a stoppé là. Etant en découverte constante, j’ai privilégié le confort, j’appris plus tard que cela a étonné quelques uns de mes proches et au final moi aussi… Au final avec 234 km, c’était mon deuxième 200 !

Jour 2 – 213 km – 2218 m – Le Quesnoy – Epernay

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Après un réveil (très) humide au camping du Quesnoy, je pars avec un groupe composé de Totofe, Laurent, Gabriel et Luc qui fera aussi un bout de route avec nous. L’Avesnois en plus valloné mais moins exposé au vent avec ses haies qui vont rapidement laisser place à la plaine champenoise et ses champs ouverts, pistes rêvées pour le gravel… Durant la matinée, ne sachant toujours pas trop comment partir, je reste dans le confort du groupe mais, les rythmes et les surtout les arrêts ne me correspondent pas, je ne roule jamais en groupe et j’ai l’impression de ne pas être dans mon rythme. Lors d’un arrêt réparation de crevaison, je prend de l’avance. Cela me fait du bien de me retrouver un peu seul et de me concentrer sur mon effort.

En milieu d’après-midi, j’attaque la montagne de Reims, les côtes s’enchaînent et la fatigue arrive, je me fais rattraper par Sophie et Sylvain lors d’un arrêt salade de thon de 17h. Nous finissons de traverser la forêt ensemble. La fatigue commence a bien se faire sentir et il est difficile de se concentrer sur le long singletrack qui termine la traversé. En temps normal j’aurais apprécié un chemin comme ça, mais là beaucoup moins. Nous atteignons Epernay et le CP 1 et en profitons pour refaire le plein, ça fait du bien de voir du monde. Je ne repartirais pas après ça, Sophie et Sylvain me proposent de partager un chambre à Epernay, j’accepte sans hésiter en occultant un peu plus l’image baroudeuse que j’avais des nuits sur la Divide. Il faisait bon dehors, les vignes étaient idéales pour le bivouac et j’avais de quoi manger pour le lendemain, c’était vraiment une nuit de confort.

Jour 3 – 206 km – 1880 m – Epernay – Bar-sur-Seine

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Je pars un peu plus tôt que les autres pour profiter du levé de soleil dans les vignes. Le paysage de la Champagne défile une bonne partie de la journée avec quelques portions de canaux. Je commence à avoir mon rythme en terme de vitesse, de gestion de l’effort et de l’alimentation.

Puis j’attaque la zone des lacs et forêts d’Orient avec une forêt à passer avant la nuit, je me fais rattraper par Sophie juste avant et nous croisons Greg en cours de route, puis nous retrouvons Sylvain avec qui nous avancerons jusque Bar Sur Seine. Arrivés là le road-book me dit que la partie suivant est très rurale donc nous choisissons de manger là et de rester sur place. Sophie nous dit qu’elle connait un presbytère où ils avaient été hébergés l’année précédente. Nous y allons, nous sommes très bien accueillis, nous nous installons et finissons au restaurant dans un air de vacances. Moi qui aime bien rouler de nuit et bivouaquer c’est pas encore ce soir que cela arrivera, ce n’est pas un regret mais j’aime bien aussi le confort du bivy.

Jour 4 – 178 km – 3167 m – Bar-sur-Seine – Quarré-les-Tombes

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Pause avant Avallon avec Laurent et Gabriel

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Une fois de plus je pars en avance, il pleut, on a un vent de face dans la campagne bourguignonne avant Tonnerre. Je me retrouve le midi avec Gabriel et Laurent avec qui je passerais une partie de la journée. Totofe est parti devant rejoindre Damien qui a démarré une journée avant nous. Cela commence a être très vallonné, le Morvan approche, c’est la première difficulté de cette Divide. J’atteins Avallon vers 18h, je sais qu’après c’est le Morvan, ce massif montagneux qui en avait surpris plus d’un lors de la première édition. Je fais une bonne pause pour réfléchir, il est 19h après avoir fait les courses, le CP 1 est à 40 km, si je m’arrête là je vais rester dans le faux rythme que j’ai depuis le début, si je pars j’ai 40 km dans le Morvan et je ne sais pas ce qui m’attend, je peux mettre 2h comme 4h. Sophis me rejoisn sur la parking du supermarché, elle ne veut pas continuer et préfère passer la nuit là. C’est décidé, je ne peux pas rester là, il faut que je fasse ma Divide, je décolle vers 19h30 et advienne que pourra.

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A l’attaque du CP 2

J’atteins le CP vers 22h après quelques passages épiques de nuit à slalomer entre les rochers et une montée interminable dans l’herbe avant le CP, mais j’y suis, cela m’a pris 3h. Mon arrivée est assez comique car ils ne m’attendaient pas. http://www.frenchdivide.com/2017/08/10/checkpoint-2-quarre-les-tombes/

Je retrouve l’orga, Sylvain, Greg, Totofe, Damien, Clément J que j’avais pas vu depuis le départ, Lionel et Clément S qui avaient prévu de s’arrêter là. Il a une bonne ambiance qui tranche avec le calme des chemins morvandiau de nuit. Le personnel du resto est sympa et ils veulent bien me servir un pizza, je reprend des forces et ensuite nous trouvons un site de bivouac parfait. Je garde le site secret car le CP cette année est encore là 😉

On entend souvent dire qu’il faut 4 jours pour se mettre dans le rythme d’un épreuve d’ultra, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour sortir de ma zone de confort, rouler à mon rythme en terme de vitesse et de temps en selle, bivouaquer (enfin) et à partir de là, je ne vais faire qu’accélérer, au moins au niveau impression !

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