Sea to Peak 2021 – Prologue matériel

L’offre d’épreuves bikepacking s’étoffe en France et dans la catégorie très longue distance sur chemins. Il n’y avait « que » la French Divide jusque cette année. Après la GTB, la Tournée des Bars et la Brigade de la Chocolatine, les amis d’Erminig ont créé leur épreuve d’ultra sur chemins. Quand je parle de très longue distance, j’entend plus de 2000, où cela dépasse la semaine de roulage, il y a pas mal d’épreuves en France au delà des 1000, mais passé une semaine, cela devient autre chose en gestion et en investissement.

Donc la Sea to Peak est une diagonale tous chemins depuis la Pointe de Corsen, le point continental français le plus à l’Ouest et Saint-Véran, la commune la plus haute d’Europe à plus de 2000 m d’altitude. Je ne vais pas détaillé le parcours vous aurez toutes les informations sur la page Erminig, mais globalement nous traverserons la Bretagne, le Poitou, le Limousin, le Massif Central, puis redescente dans la vallée du Rhône et remontée dans les Alpes par le Diois et le Queyras.

Quelles conditions ?

La diversité des paysages traversés implique des variations météo tout aussi variées. Bien que la traversée se fera en été, nous serons pas à l’abri des précipitations et des températures négatives… Au niveau équipement cela demande donc d’être au point à la fois pour ne manquer de rien, mais aussi pour rester confortable, il y a des compromis à faire qui vont jouer directement sur le chargement et le poids, car même si il n’est pas essentiel, il a son importance.

La question du poids…

Partir sur une épreuve d’ultra n’implique pas le même équipement que de faite de la longue distance en voyage. Le but est de réaliser un itinéraire complet dans un temps imparti. Il y a donc une contrainte de temps qui va jouer directement sur l’équipement. Mais ce n’est pas une compétition pour autant, il faut pouvoir boucler dans les temps (ou non en fait) en fonction de ses moyens et donc en gérant son physique, son mental et son matériel (sa monture) comme pour un brevet cyclo.

Avec l’avènement du bikepacking, les équipements se sont allégés et les choix matériels vont plus se concentrer sur l’essentiel. L’objectif est différent des chargements cyclo, ici le chargement est plus léger pour aller loin plus vite, ce qui colle avec les objectifs de temps. Le poids et sa répartition sont directement liés à la vitesse de progression. Au delà des tests que nous pouvons retrouver sur Cycling About, c’est du bon sens, essayez un vélo à 25 kg dans les chemins et un autre à 15 kg, vous verrez tout de suite la différence. Le comportement est directement impacté par le chargement, sans parler des sacoches qui ballotent, les repartitions de charges, etc.

Premier périple bikepacking, les sacoches très chargées limitées les passages dans les chemins.

Pour avoir testé pas mal de configurations dans les chemins, je me suis rendu compte que, pour moi, je garde une bonne maîtrise du vélo jusque 18-19 kg pour le vélo et le chargement, au delà le comportement du vélo change et cela va abaisser ma vitesse dans le technique. Mais attention, ça c’est mon expérience et dans un objectif d’efficacité.

15 kg sans eau, ni bouffe, ni vitesses…

Nous entendons souvent que de gagner du poids c’est aussi faire des compromis et perdre en confort… Ce n’est pas totalement vrai. Le confort reste une valeur extrêmement subjective, le matériel et le matériel ultralight ont bien évolué avec des matériaux légers et résistants. Vous pouvez garder du confort avec un matériel light. Mais s’équiper a un coût et les frais font partie de la préparation. Faire en fonction de ses moyens c’est aussi faire en fonction de son budget. Alors comment bien s’équiper sans devoir hypothéquer la maison et perturber les finances du ménage ?

Le rapport poids/prix/fiabilité

Il y a un équilibre à avoir entre un poids léger, le bon prix et la résistance. En théorie avoir les trois c’est bien, en pratique vous en aurez deux… Certain.e.s pourront se permettre de se payer le « meilleur » matos pour leur première expérience bikepacking, qu’ils revendront aussitôt qu’ils se seront rendus compte que l’aventure ne s’achète pas. Ceux là ne me liront pas, mais déjà vous pouvez leur racheter leur matériel. L’occasion est un grand marché où on peut trouver de l’excellent matériel à bon prix. Pour ça il y a Vinted, Marketplace et Leboncoin. J’y ai trouvé pas mal de vêtements techniques et sacoches.

Ensuite, il y a Décathlon, il est facile de trouver un couchage complet pour 1,6 kg et un prix honnête pour du matos qui fera largement le job. Avec leur bivy (50€ – 400 gr) leur matelas gonflable (45€ – 510g) et leur sac de couchage plume (110 € – 700g), vous aurez tout ce qu’il faut pour bien dormir.

Si tu veux gagner du temps, gagne du poids !

Comme vous pouvez le voir je parle de bivy pour dormir, c’est à dire juste un sursac de couchage. Je garde la tente ou le tarp pour mes voyages à vélo en dehors des épreuves, pour ça j’ai la chance d’avoir cette année une tente/tarp ultra modulable Cyclon.cc, je reviendrai plus longuement dessus dans un autre article. Juste pour info, elle est tellement modulable que j’ai hésité à partir avec sur la Sea to Peak, c’est la durée de montage/démontage qui m’a retenu. Car oui en épreuve le temps est compté. Avoir une tente c’est non seulement du poids en plus, mais aussi du temps de montage/démontage, même si on est pas à la minute, nous allons optimiser les temps pour être efficace, le temps va se diviser entre rouler, manger et se reposer. Mais je vous vois venir « ah c’est pas fun », « tu profites pas des paysages »… Mais si justement, tout le temps que je gagne à ne pas monter ma tente, c’est du temps gagné à profiter, les 10 min de pliage/rangement de tente, c’est ça de plus à rouler, prendre des photos et aller au resto. J’optimise mon temps pour profiter les bons moments et ça c’est pour moi un plaisir, d’optimiser pour profiter. Pour le réchaud c’est la même chose, sortir le réchaud, faire chauffer, prendre le café, nettoyer et ranger… Sans réchaud, c’est ça de gagner. En France, en dehors des montagnes, tu peux rouler max 4h sans trouver de bar. Donc on va se reposer là dessus, les bars et les restos sont aussi l’occasion de rencontres et d’anecdotes.

Tout ça pour dire quoi ? Et bien que le poids c’est du temps, avec moins de chargement, je suis plus efficace non seulement en terme de pilotage mais aussi d’efficacité dans la gestion de mon temps. Quand j’étais sur la French Divide, Sam m’avait dit que 3 min c’était 1 km, vu comme ça, ça fait réfléchir.

Rouler ou profiter ?!?

Ça c’est vrai pour moi en épreuve ou je suis là pour rouler avec du monde tout en optimisant le temps. En trip, c’est différent, j’ai le tarp, le réchaud, l’appareil photo et je fais pas plus que 120 bornes par jour. Si vraiment je voulais prendre mon temps sur un itinéraire, je m’inscris pas à une épreuve. Donc cela peut paraître contradictoire de vouloir quand même faire une épreuve, mais en profitant des paysages et en allant au resto, mais mon but n’est pas de faire un temps ou aller le plus vite, c’est de finir en ayant profité de la trace et des paysages à ma manière. Vouloir faire un temps, je l’ai fait, je ne le ferais plus, c’est pas mon truc. Je respecte et je comprends ceux qu’ils le font, mais c’est pas pour moi. Je n’ai rien à me prouver, ce que je veux c’est profiter des paysages, des spécialités, le partager avec des autres sur une épreuve et fêter les arrivées. Il y a un équilibre que je recherche dans les épreuves, je l’ai perdu une ou deux fois en voulant de prouver quelque chose, mais ça me plait plus, je n’ai pas besoin de me mettre la pression, il y a tant de raisons d’avoir une pression inutile que je ne m’en met plus dans mes loisirs. Donc oui je roule, je profite et je partage.

Équipement Sea to Peak

Maintenant que vous avez l’état d’esprit, voyons le matos parce qu’il est vrai aussi que chaque chargement correspond à un état d’esprit et chacun à le sien.

Les Fringues

La Sea to Peak a lieu en été, en France, donc on va prévoir du 3 saisons… Je choisis du modulable au maximum, pour rouler entre 5 et 35 degrés comme lors de la French Divide. Je n’ai pas pris les chaussettes étanches et le pantalon de pluie, au dessus de 15 degrés la journée, je peux rouler avec le bas mouillé.

  • Jersey mérinos Triban.
  • Mérinos long Woolpower.
  • Cuissard Assos en fin de vie.
  • Short Quech’ pour avoir des poches.
  • Chaussettes Ridge Supply stylées.
  • Chaussures Fizik Ergolace. Aussi confortable sur le vélo qu’en marche, utile en singlespeed…
  • Jambières Mavic.
  • Gilet Pedaled doublé Polartec ou moumoute pour les intimes.
  • Veste Gore Shakedry.
  • Boxer mérinos pour la nuit.
  • Doudoune légère ajoutée à la dernière minute, pas serein sur les températures dans le massif central et les Alpes. Pour les pauses et la nuit, pas pour rouler.
  • Mitaines cuir Lizard Skins.
  • Gant mérinos, sur ma dernière traversée du massif central en été j’en ai acheté en route…
  • Foulard et tour de cou mérinos qui me sert aussi de cache-yeux la nuit

Le tout se répartit entre sur moi et les sacoches, malgré toutes les attentes, je n’ai pas pris le slip de bain, tant pis, je me baignerais les fesses à l’air.

Sacoche de cadre

Mon cadre à l’avantage d’avoir un grand triangle avant, cela me permet de bénéficier d’une sacoche de 8 litres, de quoi avoir un volume optimisé avec un poids bien réparti. J’y mets ce dont j’ai besoin en roulant ou rapidement pendant les pauses.

  • Poche à eau 2,5 litres.
  • Chambre à air et pompe.
  • Spork et Leatherman.
  • Tenue longue et pluie accessibles.
  • Trousse de toilette/premiers soin.
  • Lunettes sans branche mgl.
  • Papiers, deuxième moitié de mon argent liquide.
  • Le reste de place est utilisé pour la bouffe dont j’aurais besoin en roulant

Sacoche de selle

Je dédie ma sacoche de selle au couchage car je trouve que c’est la moins accessible et le couchage ne sert que la nuit donc j’ai trouvé que ça matchait bien. En plus je ne charge jamais la sacoche de selle à plus de 8 litres car au delà elle ballote en danseuse ou dans le technique et je trouve ça insupportable. Je vois trop de sacoches de selle surchargées, au pire prenait un porte-bagages, c’est bien plus stable. Et pour l’histoire, j’ai fait ma sacoche de selle moi-même à partir d’un vieux pneu, deux sangles, un dry bag, de la cordelette et quelques œillets.

  • Cumulus X-Lite 200, je le traine depuis 2 ans et le gonflant est toujours aussi incroyable. – Bivy Borah Gear, moins de 200 gr et je rentre dedans avec le matelas et toutes mes affaires. Il a l’avantage d’avoir une moustiquaire qui peut s’accrocher à une branche ou au vélo pour ne pas quelle se colle au visage.
  • Matelas Therm a Rest Uberlight, toujours crevé, il se dégonfle en 8h ça me laisse le temps de dormir.
  • Caleçon mérinos
  • Couverture de survie, elle sert de bâche sous le matelas pour le protéger un peu de la rugosité du sol et de l’humidité

Sacoche de cintre

  • Batterie externe
  • Prise USB et câbles : téléphone, GPS, lampe
  • Écouteurs
  • Lampes frontale la journée
  • Crème solaire
  • CBD
  • Gants longs, foulard, tour de cou
  • Le reste de place sert à la bouffe pour les pauses plus longues.

Les petites sacoches

Trousse de toilette/premiers secours

L’idée ici est de pouvoir garder un minimum d’hygiène et de pouvoir soigner les petits bobos/maux ou pour limiter la casse en attendant de voir un professionnel.

  • Brosse à dent et dentifrice
  • Savon solide
  • Bétadine en gel
  • Médicaments : anti-inflammatoires, antalgiques, anti-histaminiques
  • Ventoline
  • Pansements, stéristrips
  • Strap rigide
  • Vitamines et minéraux
  • Peigne, rester coiffé en toues circonstances
  • Crèmes : de chamois (Assos), hydratante et désinfectante (Cetavlon), vaseline (Homéoplasmine) et baume du tigre

Outillage

  • Multitool.
  • Démonte-pneus.
  • Chambre à air x2
  • Rustines traditionnelles et autocollantes
  • Mèches
  • Plaquettes de freins x2
  • Morceau de chaine et 2 attaches rapides
  • Dérive chaîne
  • Huile sèche et chiffon
  • Collier de serrage en plastique x10

La machine

Pour le vélo, c’est mon RouBaiX que j’ai fait chez Lafraise monté en29x2.2 avec des roues RAR avec moyeu dynamo à l’avant et en singlespeed. J’ai deux ratios de 1.9 et 1.7 pour la plaine et la montagne. Le guidon droit est là pour différentes raisons, en singlespeed avoir un cintre large avec du levier est un plus, c’est comme si j’avais 2-3 vitesses en plus. Ensuite j’aime vraiment la position dans le technique, j’ai plus de contrôle et freiner avec juste un doigt est vraiment un plaisir. Enfin, ayant eu une tendinite au coude, j’ai remarqué que le drop bar était en partie en cause, ça se passe mieux avec le flat.

Il y a aussi des choix que j’ai fait pour le vélo, le plus gros étant le singlespeed, vaste sujet. Le choix est partagé entre ma subversivité qui me pousse à faire des choix hors normes, l’envie de simplicité, ma déconsommation et surtout le constat qu’en fait c’est pas parce que je n’ai qu’une vitesse (ou deux) que je ne peux pas passer partout. Je trouve le pilotage plus efficace, plus fluide, plus pur comme dirait certains. Donc oui, il y a un côté anti-conformiste, mais ce n’est pas un choix aberrant, au contraire, il ne faut pas oublier que l’HT550 s’est gagné en single cette année et que c’est un singlespeed qui fini deuxième sur le Tour Divide 2018. Comme quoi, en longue distance, le single a un réel intérêt par sa régularité induite même si il demande une bonne préparation pour s’y adapter et comme on dit « Tous est possible en single », à vérifier.

Voilà pour le matériel maintenant les jambes sont là, il n’y a gérer pour tenir le coup jusqu’au bout…

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