Scandinavian Trail Divide

La traversée de l’Europe du Nord d’après l’European Divide Trail

Chapitre 1 – Le pays des fjords.

Mardi 2 aout 2022, 11h – Kirkenes, Norvège.

L’express côtier Polarlys est arrivé dans la matinée, les voyageurs en descendent, ils viennent des fjörds depuis Bergen et du Cap Nord. Une population assez âgée se disperse sur le quai, le temps est doux, le soleil continu depuis quelques mois inonde la place. Peu de service à proximité du quai, les valises sont trainées sur le bitume dégradé en direction du centre-ville à quelques centaines de mètres de là. Des rennes sont occupés à brouter à quelques mètres du débarcadère, les touristes les approchent méfiants, les animaux ont l’air habitué, c’est à la fois intriguant et surréaliste de voir des bêtes sauvages si paisibles à cette distance des populations, ça doit être un peu comme nos écureuils.

Kirkenes est la ville la plus au Nord-Est de la Norvège, elle vit principalement de la pêche au crabe dans la mer de Barents, des activités minières et des échanges avec la Russie dont la frontière est à 60 km à l’Ouest. Depuis le mois de mars, la frontière est plus imperméable. J’aurais du arriver par ici par la Russie, avec un subtil mélange de correspondances de trains, j’aurais débarqué à Mourmansk situé à 200 km de là. Les conditions géopolitiques de cette année en ont décidé autrement. Après une longue période de réflexion, j’ai choisi d’atterrir ici, le choix le plus simple, le plus rapide, mais pas celui qui me plaisait le plus. Je reviendrais plus loin sur ce point. Toujours est-il que je me retrouve ce mardi matin d’aout au bord de la mer de Barents, posé sur un rochers, je ne sais pas vraiment ce que je fais là. Je suis comme sonné par le voyage instantanée, la veille au matin j’étais dans mon studio à Lille, après un taxi, un bus et deux avions, je me retrouve dans cet endroit si différent. Je voyage de préférence lentement depuis quelques années, malgré les sauts de puces qui peuvent être fait sur quelques heures, il y a rarement des ruptures brutales. Ici tout est différent, la lumière, les paysages, la culture, pas de transition, je ne suis pas habitué à des ruptures aussi brutales. Je n’ai jamais été habitué en fait, j’ai commencé à voyager loin tardivement et je ne suis jamais sorti d’Europe. C’est peut-être ça. C’est mon premier voyage si loin de chez moi, je ne suis pas casanier mais je ne pars jamais très loin ou très longtemps. Je me retrouve donc seul ici, c’était mon choix, c’était aussi le but, partir plus loin, plus longtemps pour mieux me connaitre. Me lancer dans l’inconnu, dans ma mesure, pas pour chercher un seblant d’aventure mais plus pour savoir ce qui me plait ou pas dans le voyage, je teste et je verrais, aller chercher les limites de ma zone de confort et la repousser un peu plus.

Face à ce ferry, je me demande si vraiment j’ai envie de partir seul un mois à traverser des étendues sauvages. Je pourrais aussi prendre ce ferry et aller voir autre chose, c’est vrai que c’est bête d’être si près du Cap Nord et de ne pas y aller. Je verrais ensuite dans ce ferry ce que je ferais… Je procrastine dans ma tête, je me rend compte que bien que ce soit le premier jour, j’ai déjà atteint la limite de ma zone de confort et je ne veux pas la passer, bon début. Je me ressaisi donc, mon budget n’est pas illimité, le ferry est très cher et je vais m’en tenir à mon plan de départ, c’est au final le plus simple.

Revenir à l’essentiel, manger, rouler, dormir. Il me faut du gaz que je n’ai pas pu prendre dans la soute, de la nourriture et rouler jusqu’à la frontière russe. Il y a pas mal de magasins de sport, je trouve rapidement du gaz, au passage ils ont une quantité d’équipements ici, c’est la caverne d’Ali Baba. Je reprend deux plats lyophilisés, j’en avais déjà deux avec moi, mais je sens que je ne suis pas serein, nous emballons nos craintes, je constate que malgré l’expérience du voyage à vélo, j’en ai pas mal aujourd’hui. Je passe dans un supermarché, j’adore les supermarchés à l’étranger, c’est excellent pour découvrir d’autres produits, de voir les habitudes alimentaires des populations. Salé, sucré, fruits, soda, une bière pour le soir, j’en prend trop mais bon. Je peux partir en ayant comblé mes sacoches d’une sécurité fictive mais rassurante, avec le coeur plus léger et l’envie de découvrir qui commence à revenir…

L’European Divide-ish Trail, une ligne directice.

Revenons-en à l’origine du projet, j’avais donc envie de partir longtemps à vélo et seul. Pourquoi ? Parce que je ne suis jamais parti plus de trois semaines à vélo, les pays du Nord m’attiraient depuis un moment. Cela tombe bien, Andy Cox avait créé depuis un an un itinéraire coupant l’Europe, l’European Divide Trail (EDT), une Divide à l’image celle qui existe aux Etats-Unis, mais entre la Norvège et le Portugal. Il a été créé dans l’idée de faire une traversée Nord-Sud de l’Europe en empruntant des chemins roulants, sans réel grosse difficulté physique ou technique et en traversant des zones assez sauvages et en évitant les grands itinéraires et zones urbanisées et/ou touristiques. L’itinéraire fait en tout 7600 km, je n’ai ni le temps ni l’envie de faire l’intégralité du parcours. Pour le boucler en un mois, il faudrait que je fasse plus de 250 km par jour, je ne suis pas en épreuve, ce sont mes vacances. De plus Angus Young, pas le guitariste mais l’athlète d’ultra longue distance, est parti deux semaines avant moi pour faire un temps sur la trace. Parfait, cela m’enlève la pression de devoir la boucler en mode chrono, merci. Et puis l’EDT est plus pour moi une ligne rouge, j’aime bien adapter le parcours en fonction de mes envies, de ce qu’il y a avoir à côté et de ce que je n’ai pas envie ou le temps de voir, j’aime ma liberté et je n’ai pas envie de suivre scrupuleusement un itinéraire que je n’ai pas fait.

Le tracé de l’European Trail Divide conçu par Andy Cox et disponible sur komoot

Donc le plan est de traverser l’Europe du Nord et d’avancer le plus possible pour me rapprocher de Lille en un mois, un solo et en singlespeed. Je ne connais pas du tout les pays du Nord, ce sera donc pour moi une grande découverte et l’occasion de découvrir des paysages et cultures. Je n’ai pas de billet de retour, ni de plan prévu, je m’adapterais, j’ai rapidement étudié l’itinéraire, j’ai pris une carte papier de la Scandinavie pour anticiper les ravitaillements. Globalement, sur la moitié Nord, les routes sont peu nombreuses et les villes dispersées, j’ai besoin de deux jours d’autonomie en alimentation, le réseau téléphonique est sporadique avec de grandes zones blanches, la vie est assez chère mais cela s’arrange en descendant vers le sud. La météo est assez douce en cette saison même au dessus du cercle polaire. Les températures varient peu entre le jour et la nuit du fait du soleil quasi constant, il peut pleuvoir tous les jours et c’est la fin de la saison des moustiques. Voilà toutes les infos que j’avais qui m’ont permis de bien préparer le matériel.

Roubaix – Quinquin singlespeed

Pour cette traversé j’ai donc choisi de partir avec mon vélo monstercross que j’ai soudé chez Lafraise. C’est un peu mon vélo de voyage, j’aurais pu partir avec le nouveau Lafraise qui aurait pu faire l’affaire mais n’étant pas fan du dérailleur, je préfère l’utiliser sur des épreuves courtes pour le moment. Le groupe Campagnolo Ekar est très bien mais je n’avais pas assez de recul pour savoir si il allait tenir la distance, d’autant que je n’ai pas le droit à l’erreur ou très peu sous peine de longues périodes de galère. Je repars sur ce dont j’ai l’habitude, le couchage dans la sacoche de selle maison, la bouffe et les habits dont j’ai besoin en roulant dans la sacoche de cadre, les batteries et les câbles dans la sacoche de potence. Dans la sacoche avant, le réchaud, la trousse de toilette/secours, les habits chauds et de pluie dans la sacoche sur le hauban arrière. Cette dernière passera sur la fourche car je la touchais un peu avec le talon et ça avait le don de m’énerver, et les sandales sous le matelas. Les différences par rapport à mon chargement habituel sont les sandales (je reviendrais dessus dans un autre chapitre…), le réchaud, le matelas mousse car j’en ai marre de crever des matelas et la tente Cyclon pour dormir au sec avec un peu d’intimité dans les camping. Je ne la regretterais pas…

Cela fait un total de 20 kg chargé. Pour les particularités, je partirais en pédales plates et basket car je n’ai pas besoin d’être efficace dans le pédalage, et d’autant plus que je suis en singlespeed, j’y suis assez habitué donc peu de différence pour moi. J’ai choisi le single car après avoir fait pas mal de longue distance en single, je trouve que c’est bien adapté au voyage pour sa simplicité, sa fiabilité et son poids quand même réduit. Les pays Scandinave sur la partie traversée ne sont pas très vallonés donc le profil s’y prêtait d’autant mieux. Pour le choix du ratio, c’est là toute la difficulté, il faut se préparer au plus difficile sous peine de forcer de de se blesser sur la durée, j’ai donc choisi un ratio assez roulant de 1,9 qui me permettait de tenir une bonne moyenne sur le plat sans trop forcer en montée sachant que si c’est trop dur, je marche.

Le RouBaiX chargé avec la Russiej en fond.

Ensuite le vélo est en cintre droit car je m’y suis adapté, même avec un cintre gravel est une position bien travaillée, le cintre droit est pour moi bien meilleur dès que c’est technique. Avec les spirgrips j’ai une deuxième position pour les parties roulantes et les prolongateurs m’ont servi face au vent pour donner l’impression d’être une vitesse en dessous et dans les descentes pour l’efficacité. Je suis parti avec les pneus René Herse Fleecer Ridge en flancs Endurance, ils ont été développé pour la Divide donc devrait être adapté ici. Et pour la selle, je suis resté sur l’Infinity Seat à laquelle je suis habitué avec un cuissard au cas où. J’avais testé l’ensemble sur la Green Divide et tout me semblait cohérent. Le poids est vraiment un facteur limitant. Je trouve qu’il y a une limite vers 17kg au dessus de laquelle le comportement du vélo change beaucoup et ses capacités en tout terrain en sont affectées. Plus le poids est centré et bas et mieux c’est, plus il est haut et excentré, poire c’est. Là le vélo se comporte bien et peut être porté si besoin. Le matériel éprouvé et approuvé était donc prêt, il n’y avait plus qu’à se rendre sur place et rouler.

296 kg de CO2

C’est le bilan de l’aller en avion entre Paris et Kirkenes. Il est vrai que le trajet aller devait se faire en train et à vélo depuis la Russie, avant tout ça. J’ai essayé de trouver des solutions alternatives. La première gare est à 800 km du départ et le trajet mixant plusieurs bus était compliqué, surtout qu’il y a plusieurs pays dans l’équation, ce n’est pas vraiment un problème mais avec un vélo sur les bras c’est un peu moins évident, en tout cas je n’ai pas trouvé de solutions moyennement facile. Le ferry est presque autant polluant que l’avion, dommage l’Express côtier montait depuis le sud de la Norvège, mais il cramait aussi la moitié de mon budget vacances. Ensuite j’aurais pu commencer plus au Sud plutôt que de m’obstiner à partir de la frontière russe, ou même boucler de Lille à Lille avec un tour moins haut et beaucoup moins polluant. Je pourrais vous dire aussi que d’autres polluent bien plus que moi sans s’en soucier, que des hectares de forêts sont partis en feu cet été et que au final 296 kg c’est une broutille. Je pourrais aussi dire que comme j’ai réduit ma consommation d’électricité de moitié, je consomme beaucoup moins et mieux, je privilégie le local, l’achat de vêtements et de matériels d’occasion, je trie tout, je récupère, je réutilise, j’utilise des consignes pour mes bouteilles, j’ai planté des arbres en forêt récemment, cela peut compenser. Je pourrais vous dire ça. Je pourrais aussi dire que de toute manière à la vue de la situation internationale, du capitalisme qui est devenu bizarrement la seule et unique règle économique et politique donc que tout est foutu, l’humanité court à sa perte pour gagner plus, alors qu’est ce que ça va changer. Je pourrais vous dire tout ça mais au final, je ne l’assume toujours pas, j’ai essayé de retourner le truc dans tous les sens, mais non je n’ai rien pour me justifier. Voilà.

Je pense que rien que le fait de me poser la question est déjà une bonne chose en soi, je ne vais pas faire la morale ou juger les autres, je parle de mes choix, je veux être au clair avec moi-même. Cela ne m’empêche pas de dormir, avec 11 ans d’études en Environnement comme étudiant puis enseignant-chercheur, j’y ai cru, peut-être naïvement, aujourd’hui je préfère agir à mon niveau, je pense que c’est la meilleure chose à faire pour moi, je ferais autrement la prochaine fois comme ça je me poserais moins de questions. D’ailleurs vous pouvez consulter ce site de toudumondiste pour avoir des infos sur comment réduire son impact écologique en voyage.

La Norvège, un bref passage

La Norvège était le point de départ de ses vacances, je n’allais pas y passer beaucoup de temps, j’en profitais donc pour bien m’imprégner des paysages et de la culture norvégienne. Dans le second avion, la moitié de passagers étaient des militaires, je me suis dit que la destination allait être particulière. Assez reculée pour n’être desservi qu’en avion mais pas assez pour qu’il y ait un peu de tourisme quand même. Je me réveille à l’atterrissage, étant loin de la fenêtre, je n’ai pas pu profiter du paysage, ce sera une totale découverte. Descente de l’avion sur le tarmac, plus aérodrome qu’aéroport, un ours empaillé dans le terminal, je m’attend à croiser des avions à hélice pour aller explorer les territoires reculés. Le cadre est planté. Les regards se portent sur mon short, je constate que je suis le seul sans pantalon, il fait bon pourtant, bizarre. Le carton est récupéré et le vélo déballé, il y a déjà deux cartons de vélo vides devant l’aéroport. Lorsque je termine de le remonter, je suis seul devant un parking désert entouré d’un paysage minéral au crépuscule. Quelques touffes d’arbres rabougris indique bien la végétation des hautes latitudes qui subit la nuit continue hivernale et son pendant diurne estival. Je me lance sur la seule route qui se perd vers la Russie. Je croiserai mon premier renne après 400 m, drôle de bête entre l’âne et le chevreuil. Quelques kilomètres après je trouverais une station-service qui me donnera mon repas du soir. Malgré la lumière, il est tard et tout est fermé en ville. Je m’imprègne de chaque seconde, de chaque détail. Une piste m’emmène à Kirkenes, mon salut pour la nuit, je ne le sais pas encore mais ce sera ma dernière nuit en dur avant de retrouver Lille. Un détour pour voir la Mer de Barents au soleil de minuit et je file vers mon hébergement.

Auberge au sol collant et à la peinture défraîchie, ce sera l’hôtel le plus bon marché du secteur avec une nuit à 60€. Les chambres sont malgré tout bien tenues et ma clef m’attendra sur le comptoir, je n’y croiserai personne. Je profite de ma soirée pour mettre mes affaires en ordre et m’effondre une fois les indispensables rideaux fermés.

Vite réveillé et en état de marche, je cherche un spot de petit-déjeuner, je commande, tout se règle par carte, je ne passerais que deux jours dans le pays, pas besoin de cash. J’utiliserai de préférence la carte sur mon voyage et je me rendrais compte rapidement des frais bancaire facturés. J’en parlerai à ma banquière en rentrant et elle me soutint face à moi que c’est normal pour les voyage en dehors de l’Europe, j’en resterais sans voix. Lors du petit-déjeuner, j’aperçois deux voyageurs à vélo avec une remorque, ils m’abordent pour échanger des devises, ils sont français, viennent de Lille et partent vers la Finlande, étant donné le réseau routier, je les croiserai plus tard.

Après ma phase de battement sur le port, je suis prêt à partir vers Grense Jakokselv en début d’après-midi. C’est l’extrémité nord-orientale de la Norvège, point le plus éloigné de la capitale et site du départ officiel de la trace. Je quitte Kirkenes et je sors de la ville rapidement, pour emprunter LA route sur 60 km, je la reprendrai le lendemain en sens inverse.

Le trafic est faible et les paysages somptueux. Je ne dépasserais pas les 200 m d’altitude, mais c’est comme à 2000 m chez nous, l’oxygène en plus. J’ai eu la même sensation à 800 m en Ecosse. La latitude à le même effet sur le paysage que l’altitude. Je sors des fjords vers les lacs, les cabanes et maisons en bois rouge et blanc ponctuent le paysage. C’est beau et apaisant. Le poste frontière russe m’apparaît fermé hermétiquement puis la route redescend vers le fleuve qui marque la frontière de l’Europe.

Première gravel roads à la frontière russe

J’aborde la première route gravel, réellement gravel. Régulièrement les panneaux avertissent de ne pas essayer de passer la frontière de quelque manière que ce soit. Les postes militaires sur la rive droite paraissent vides, je ne tenterai pas quand même. La route se termine en impasse sur Grense Jakobselv, une chapelle, un abri, quelques maisons, un petit débarcadère et une plage paisible entre les rochers occupent cet espace. La chapelle du Roi Oscar II a été construite pour marquer la présence norvégienne de cette région, son cimetière me fournira de l’eau pour la nuit.

Arrivé à 16h, j’ai le temps d’observer les quelques touristes venus profiter de se bout du monde. C’est l’occasion aussi pour moi d’enfin me poser pour m’organiser mentalement pour ce voyage, il n’y a pas de réseau donc pas de divertissement possible, c’est parfait. Tout a été très vite ces deux derniers jours et pour bien profiter de se voyage j’ai besoin de ce temps pour me reprogrammer un peu. Dans un voyage, où tout autre événement de changement de vie ou de rythme, les premiers moments sont les plus durs, tout dépend de l’enjeu et de la temporalité, mais il faut parfois passer un jour, une semaine, un mois, pour perdre ses habitudes et retrouver ses nouvelles marques. Je veux absolument éviter le syndrome de l’élastique, celui qui se tend plus fort avec la distance et/ou le temps d’éloignement de notre espace de vie habituel. Il cherche à nous ramener aux habitudes cosys du quotidien qui forment la zone de confort. Je souhaite profiter de ce mois et je m’en donne les moyens.

La fin d’après-midi et la soirée se passent donc tranquillement, logé au bord de la plage sous un temps clément en observant la mer et c’est tout ce que j’y ferais. J’ai bien tenté de me baigner mais face à la tétanie de mes pieds lorsque je les ai laissé plus de 5 secondes, j’ai considéré que c’était suffisant. La nuit noire ne viendra pas avant la semaine d’après, je devrais composer avec la lueur constante de cet astre qui passe sont temps à nous tourner autour sans se cacher réellement.

Premier jour et dernier en Norvège.

Le ciel s’est chargé durant la nuit, le réveil est pluvieux, je replie vite et fonce vers l’abri pour manger. Je suis face au parking, les voyageurs commencent à bouger, certains sont en camping car moderne et bien équipé. D’autres dans leur voiture avec des montages plus ou moins élaborés, tant que tout le monde s’y retrouve. Je reprends la route de la veille dans l’autre sens et arrive rapidement à Kirkenes, le temps de l’observation de la veille est terminé, je passe dans un mode plus léger. Je m’abrite pendant une averse et j’en profite pour manger devant un supermarché au niveau de Kirkenes, pour l’instant j’ai l’impression de tourner autour de cette ville. J’en profite aussi pour vérifier que j’ai assez de ravitaillement et que tout est en ordre sur le vélo. A partir d’ici la prochaine ville est à 300 km et le prochain magasin de vélo à 1000 km…

Direction la Finlande qui est à une quarantaine de km, je retourne sur l’unique route en profitant du paysage, des lacs et des monts. Je n’ai pas vraiment de plan, il y a un camping et un resto à 80 km, je suis autonome pour au moins deux jours, l’eau se trouve partout, c’est déjà bien. Après quelques temps j’arrive à un croisement, c’est assez atypique pour le signaler, un torrent bordé de myrtilles et d’airelles d’un côté, de l’autre une route qui monte vers la Laponie et traverse sur 250 km un grand vide entouré d’une image sauvage et aventureuse, je me lance dans l’inconnu…

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